La production de lin

visibility136 Views comment0 comments person Posted By: Justine Boullenger list In: Le lin

Le lin est une matière utilisée depuis des milliers d’années. Développé en France au VIIIe siècle par Charlemagne, l’artisanat du lin est à son apogée au XVIIIe siècle avec 300 000 hectares cultivés en France.

La culture du lin est peu à peu délaissée au profit du coton (industrie qui devient plus mécanique) pour revenir après la première puis la seconde guerre mondiale grâce à des agriculteurs flamands dans le nord de la France. C’est donc le long de la Manche que se concentre la culture de lin : la France (essentiellement en Normandie), la Belgique et les Pays-Bas représentent les trois quarts de la production mondiale avec plus de 116 000 hectares cultivés en 2021. 

60% des fibres produites sont destinés à la filière de l’habillement. Les 40% restants sont essentiellement utilisés pour le marché de l’art de vivre et de la décoration. L’isolation, les litières ou le lin comme source énergétique représentant une petite part de la production.

Le lin est semé début avril. La floraison a quant à elle lieu mi-juin. Ainsi, durant une semaine, les champs deviennent bleus tous les matins et les fleurs fanent l’après-midi. Les fleurs d’un même champ ne fleurissant pas simultanément, on peut alors observer durant cette période des paysages mouvants d’une jolie couleur bleue.

Le lin n’est pas coupé mais arraché afin de préserver la longueur des fibres contenues dans les tiges. La plante mesure alors près d’1 mètre.

Les tiges arrachées sont ensuite déposées au sol en andains (qui doivent être d’une épaisseur aussi faible et régulière que possible), formant une symétrie qui apporte une certaine beauté aux champs en juillet (5 semaines après la floraison). C’est l’étape appelée "rouissage" qui est la première phase de transformation du lin. Ainsi, une décomposition naturelle se produit par l’action des micro-organismes, favorisée par une alternance de pluie et de températures douces.

Pendant cette étape, les liniculteurs vont retourner les pailles au sol pour obtenir un résultat homogène mais également récolter les graines (écapsulage) qui serviront par la suite de semences.

Lorsque les pailles sont suffisamment sèches, elles sont enroulées puis stockées à l’abri.

Vient ensuite l’étape du teillage qui consiste à séparer les fibres du bois de la plante. Les fibres obtenues se classent en deux catégories : fibre longue et fibre courte.

Les fibres longues vont ensuite être peignées. La fibre est parallélisée et étirée sous forme de rubans pour être filée. Cela permet d’avoir un fil uniforme de qualité constante et homogène.

La filature : une fois régularisé et étiré, le ruban devient mèche et est filé. Précisons que la filature “au mouillé” facilite le glissement et la réalisation de fils fins pour les vêtements.

Cette étape a été délocalisée il y a une vingtaine d’années (au moment où de nombreuses industries françaises étaient délocalisées dans des pays d’Europe de l’Est ou d’Asie). Cependant, la filière est en pleine mutation. En effet, alors que l’entreprise Emanuel Lang a mis en service 7 machines à filer en 2020 en Alsace, le filateur Safilin a relancé sa production française en mai 2022 à Béthune (Nord) et de nouvelles filatures voient peu à peu le jour ailleurs en France (comme la French Filature NatUp, dans l’Eure, première filature de lin “au mouillé” en France).

Suivant le produit final désiré, les fils de lin vont ensuite être tissés ou tricotés.

L’étape du tissage est réalisée sur des métiers à tisser où les fils en lin sont assemblés entre eux afin de devenir du tissu en lin en entrecroisant par exemple des fils de chaîne et de trame (comme pour le tissu utilisé pour notre première collection). C’est lors de cette étape que des mélanges (avec du coton ou de la laine par exemple) peuvent être réalisés. 

Notre jupe portefeuille et notre blouse à volants "made in France" sont confectionnées à partir de lin tissé chez notre fournisseur alsacien.

Le tricotage apporte quant à lui souplesse, élasticité et infroissabilité. Il est réalisé sur des machines circulaires ou rectilignes selon si l’on fait de la maille ou du tricot.

Enfin, l’ennoblissement, la dernière étape de transformation du lin, regroupe les traitements destinés à modifier l’aspect du tissu et lui conférer les valeurs recherchées par les consommateurs en termes de confort, d’esthétique ou de fonctionnalité. Cela peut comprendre le blanchiment, la teinture, l’impression ou encore les apprêts.

Sources :

https://www.terredelin.com/internet/l-art-du-lin/culture-du-lin/culture-du-lin-1152.aspx#:~:text=2.-,La%20floraison,de%20faire%20tomber%20les%20lins.

https://www.embrin.fr/fr/page/graine-fibre

Comptes instagram de Safilin et Terre de lin.

https://www.usrtl-ifl.fr/spip.php?article34#:~:text=10%2D%20L'ENNOBLISSEMENT,d'esth%C3%A9tique%2C%20de%20fonctionnalit%C3%A9.

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